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Vin bio
Et finalement, les vignes bio ne sont pas en retard sur les autres. Il semblerait que le fait de labourer les sols aident à réchauffer la terre en début de saison et à la rafraîchir pendant l'été.
"Nos vignes, grâce au labourage, n'ont pas souffert de la sècheresse et sont restées bien vertes," constate Rémi Bonnet; "résultat : le raisin a atteint sa maturité presque avant les autres !".
Il ne reste plus qu'à attendre en s'en remettant à la météo, en espérant qu'il ne fasse pas trop humide (!!), et par précaution, jusqu'aux vendanges, pulvériser sur les grappes de la poudre d'argile, qui protège naturellement de l'arrivée du botrytis.
Quelles différence pour les vendanges quand on est en bio ?
Le plus possible, un viticulteur bio cherche à vendanger à la main. C'est ce qui lui permet de valoriser au mieux son raisin et la façon dont il l'a cultivé : n'ayant pas reçu de pesticides, la peau des grains dispose de toute sa richesse de levures naturelles. A la main, le raisin n'est pas abîmé et le viticulteur peut compter sur ce beau potentiel pour une fermentation naturelle, qui le dispensera d'avoir à ajouter des levures artificielles.
Certes, il n'y a pas d'interdiction à cela dans le cahier des charges des vins biologiques, mais en toute logique, le viticulteur cherche à valoriser son travail en laissant faire le naturel, c'est ainsi seulement que son vin pourra exprimer au mieux les arômes spécifiques de son terroir.
Dans l'idéal donc, les vendanges sont réalisées à la main, sur les vignes biologiques. Et sur le domaine Bonnet-Huteau, on joint l'utile à l'utile : ce sont des élèves de différents lycées professionnels qui se succèdent dans les rangs et viennent ainsi trouver une partie du financement du voyage scolaire de fin d'année !
Le verdict pour cette année 2010 ?
Enfin une année clémente : ni trop de chaleur, ni trop d'humidité, les conditions se sont avérées vraiment idéales cette année pour le vin bio.
C'est l'année réconfortante (encore meilleure que 2009 à priori) dont le domaine Bonnet-Huteau avait besoin pour conforter ses engagements. La décision de la conversion en bio a été prise il y a 5 ans et malheureusement les premières années ont été calamiteuses. "En 2008, nous avions le moral en berne et mon père n'osait même plus sortir dans la commune de peur d'entendre les railleries des confrères…."
C'est sûr, le choix du bio est loin d'être majoritaire encore "en muscadet" : sur les 600 vignerons de l'appellation, seule une petite douzaine sont en bio (ou en phase de conversion), mais "on nous regarde de très près aujourd'hui, la production bio est davantage reconnue" observe Rémi, et même regardée comme un renouveau possible du métier à l'heure où le conventionnel interroge chaque année sa rentabilité".
La production biologique, plus risquée ?
La production biologique laisse moins de moyen de se défendre contre les aléas climatiques et les attaques des maladies . D'un point de vue de la production, c'est sans doute plus difficile, plus technique. "Mais côté marché, je suis plus serein" avoue Rémi Bonnet expliquant qu'il s'y retrouve finalement davantage puisque ses clients d'aujourd'hui sont attentifs à la qualité et fidèles à sa production.
D'où la réflexion de ce viticulteur, relativement jeune en matière de bio, qui doute aujourd'hui d'un avenir pour le conventionnel: "A quoi bon traiter de toutes façons ? Pour avoir plus de quantité ? Mais actuellement on se retrouve avec plus de vin qu'on ne peut en vendre ? Alors à quoi bon la surproduction ? Je préfère soigner mon vin, en produire moins et le valoriser à sa juste valeur."
Des convictions également sur la question de la santé.
Si les frères Bonnet ont décidé de leur conversion vers la méthode biologique, c'est d'abord pour des questions professionnelles, une envie de ré-interroger leur métier, de repartir dans une pratique nouvelle, plus en phase avec le végétal "où l'on réapprend à observer avant tout".
Aujourd'hui, d'autres convictions sont venues enrichir leur engagement : les langues se délient dans le vignoble et l'on apprend avec les années les problèmes de santé des uns et des autres. Ces interrogations sur l'environnement et la santé renforcent encore leur détermination pour une production saine." Si je ne pouvais plus exercer mon métier en bio", dit Rémi, "je préfèrerais l'arrêter plutôt que de remettre des produits chimiques dans mes vignes".
Les vendanges se préparent pour les viticulteurs bio
09/09/2010 | Estelle Labarthe
Et finalement, les vignes bio ne sont pas en retard sur les autres. Il semblerait que le fait de labourer les sols aident à réchauffer la terre en début de saison et à la rafraîchir pendant l'été. "Nos vignes, grâce au labourage, n'ont pas souffert de la sècheresse et sont restées bien vertes," constate Rémi Bonnet; "résultat : le raisin a atteint sa maturité presque avant les autres !".
Il ne reste plus qu'à attendre en s'en remettant à la météo, en espérant qu'il ne fasse pas trop humide (!!), et par précaution, jusqu'aux vendanges, pulvériser sur les grappes de la poudre d'argile, qui protège naturellement de l'arrivée du botrytis.
Quelles différence pour les vendanges quand on est en bio ?
Le plus possible, un viticulteur bio cherche à vendanger à la main. C'est ce qui lui permet de valoriser au mieux son raisin et la façon dont il l'a cultivé : n'ayant pas reçu de pesticides, la peau des grains dispose de toute sa richesse de levures naturelles. A la main, le raisin n'est pas abîmé et le viticulteur peut compter sur ce beau potentiel pour une fermentation naturelle, qui le dispensera d'avoir à ajouter des levures artificielles.
Certes, il n'y a pas d'interdiction à cela dans le cahier des charges des vins biologiques, mais en toute logique, le viticulteur cherche à valoriser son travail en laissant faire le naturel, c'est ainsi seulement que son vin pourra exprimer au mieux les arômes spécifiques de son terroir.
Dans l'idéal donc, les vendanges sont réalisées à la main, sur les vignes biologiques. Et sur le domaine Bonnet-Huteau, on joint l'utile à l'utile : ce sont des élèves de différents lycées professionnels qui se succèdent dans les rangs et viennent ainsi trouver une partie du financement du voyage scolaire de fin d'année !
Le verdict pour cette année 2010 ?
Enfin une année clémente : ni trop de chaleur, ni trop d'humidité, les conditions se sont avérées vraiment idéales cette année pour le vin bio.
C'est l'année réconfortante (encore meilleure que 2009 à priori) dont le domaine Bonnet-Huteau avait besoin pour conforter ses engagements. La décision de la conversion en bio a été prise il y a 5 ans et malheureusement les premières années ont été calamiteuses. "En 2008, nous avions le moral en berne et mon père n'osait même plus sortir dans la commune de peur d'entendre les railleries des confrères…."
C'est sûr, le choix du bio est loin d'être majoritaire encore "en muscadet" : sur les 600 vignerons de l'appellation, seule une petite douzaine sont en bio (ou en phase de conversion), mais "on nous regarde de très près aujourd'hui, la production bio est davantage reconnue" observe Rémi, et même regardée comme un renouveau possible du métier à l'heure où le conventionnel interroge chaque année sa rentabilité".
La production biologique, plus risquée ?
La production biologique laisse moins de moyen de se défendre contre les aléas climatiques et les attaques des maladies . D'un point de vue de la production, c'est sans doute plus difficile, plus technique. "Mais côté marché, je suis plus serein" avoue Rémi Bonnet expliquant qu'il s'y retrouve finalement davantage puisque ses clients d'aujourd'hui sont attentifs à la qualité et fidèles à sa production.
D'où la réflexion de ce viticulteur, relativement jeune en matière de bio, qui doute aujourd'hui d'un avenir pour le conventionnel: "A quoi bon traiter de toutes façons ? Pour avoir plus de quantité ? Mais actuellement on se retrouve avec plus de vin qu'on ne peut en vendre ? Alors à quoi bon la surproduction ? Je préfère soigner mon vin, en produire moins et le valoriser à sa juste valeur."
Des convictions également sur la question de la santé.
Si les frères Bonnet ont décidé de leur conversion vers la méthode biologique, c'est d'abord pour des questions professionnelles, une envie de ré-interroger leur métier, de repartir dans une pratique nouvelle, plus en phase avec le végétal "où l'on réapprend à observer avant tout".
Aujourd'hui, d'autres convictions sont venues enrichir leur engagement : les langues se délient dans le vignoble et l'on apprend avec les années les problèmes de santé des uns et des autres. Ces interrogations sur l'environnement et la santé renforcent encore leur détermination pour une production saine." Si je ne pouvais plus exercer mon métier en bio", dit Rémi, "je préfèrerais l'arrêter plutôt que de remettre des produits chimiques dans mes vignes".
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