En savoir plus

Association Cré'Alters
Bâtiment Salorges 1
15, quai Ernest Renaud
44100 Nantes

Site internet des Cré'Alters
Mail : les crealters@gmail.com

Délires de faciès à l'Autre Marché
Square Daviais
44000 Nantes

Jusqu'au 24 décembre 2012.

Photographe :
Association Kouakilariv'
Jean-Félix Fayolle
Tél : 06 65 30 55 87
jf.fayolle@live.fr

Version imprimableEnvoyer à un ami
Exposition

Les Cré'Alters en plein Délires de faciès

03/12/2012 | Stéphanie Lechêne
Cré'Alters = créateurs + alternatives. Ce sont les créateurs d'alternatives et d'initiatives qui interpellent l'association Les Cré'Alters, ceux qui créent des jardins partagés, qui construisent avec des matériaux sains, qui tissent des liens entre les générations et les classes sociales dans un quartier, etc. Tous ceux qui s'inscrivent dans une démarche de développement durable et d'économie sociale et solidaire. L'association fait connaître ces talents par le biais de projection-débat, de vidéo ou d'expo photo.A voir en ce moment l'exposition Délires de faciès à l'Autre Marché à Nantes. 

Florian, 26 ans, est salarié de l'association. Epaulé par Claire en service civique et une soixantaine d'adhérents, il mise sur la valorisation d'initiatives durables pour proposer des alternatives à la pensée unique.

C'est l'homme qui maîtrise son destin à condition qu'il respecte son environnement. Ne pas épuiser les ressources naturelles, tisser des liens dans son quartier, consommer responsable, développer les économies locales, des éléments vecteurs d'épanouissement et de développement durable de la société selon les Cré'Alters.

"Nous avons remarqué que ces initiatives bénéficiaient de peu de communication, nous avons donc souhaité les rendre accessibles à tous".

De Détroit à Nantes
L'association est fondée en 2010 par Florian et Pauline Olivier, actuelle présidente.

Leur 1er projet se déroule aux Etats-Unis, pays de la toute puissance consumériste et culturelle, tel un road movie entre avril et août 2011.

Les deux Cré'Alters découvrent alors des initiatives durables : agriculture urbaine, systèmes d'échanges locaux, écoconstruction qu'ils photographient en mettent en ligne sur leur site.


De Détroit, ils ramènent un concept encore inconnu en France, la SOUP qu'ils souhaitent mettre prochainement à l'oeuvre à Nantes.
Le principe : organiser un banquet citoyen avec des aliments récupérés auprès de producteurs locaux, du MIN ou de restaurants et ainsi lutter contre le gaspillage alimentaire. Et profiter de la soirée (entrée payante, 2 ou 3€) pour permettre à des habitants de présenter un ou des projets pour leur quartier.
A la fin de la soirée, les citoyens votent pour leur projet préféré et le gagnant remporte les fonds récoltés pour l'entrée de la soirée.

"Ce qui nous intéresse, c'est de pouvoir proposer des événements à l'échelle du quartier sans avoir besoin de solliciter la mairie pour l'organisation" précise Florian.

Valoriser sous forme de portraits, l'exemple de Délires de Faciès
"Nous nous situons entre le documentaire et le reportage, nous prenons le temps de photographier ou filmer les gens pour montrer des parcours, des tranches de vie et ainsi voir que les gens qui s'engagent pour un monde durable sont issus de tous les milieux" explique Florian.

Délires de Faciès est une exposition de photos créée de toutes pièces par les Cré'Alters. "Nous souhaitions faire connaitre des créateurs d'alternatives nantais. On a lancé un appel à participation puis avons pris des photos mises en scène et avons tourné des portraits vidéo qui seront bientôt diffusés.
Nous leur avons posé une question qui a guidé la mise en scène des photos : comment êtes vous perçu par les gens ?"

D'où une exposition avec de grandes photos sans légendes pour laisser le visiteur s'interroger sur la mise en scène.

Nous vous livrons les coulisses de l'exposition que vous pourrez voir jusqu'au 24 décembre sur l'Autre Marché à Nantes. Les photos ont été réalisées par Jean-Félix Fayolle, de l'association Kouakilariv'."


Une hippie devant le Pôle emploi
C'est Annaëlle, vue comme une baba cool par ses proches, bien qu'elle soit diplômée de Sciences Po.
Elle est le symbole d'une petite catégorie de jeunes souhaitant s'investir dans des projets sociaux, mais qui aux yeux des autres ne peuvent être assimilés qu'à l'associatif ou au bénévolat…

L'Indiana Jones, c'est Alice du collectif Nantes en Transition.
Selon elle, on la perçoit comme une aventurière qui se bat toute seule contre des causes justes, c'est un peu une Robin des bois moderne.



Les Desperate Housewives dans un jardin au milieu des tours du quartier Malakoff à Nantes sont les Idéelles. Leur projet : créer un lieu de vie dans leur quartier. Ce jardin partagé voit chaque mercredi après-midi des femmes et des mères de famille entre 35 et 50 ans jardiner. Les Idéelles sont vues dans leur quartier comme des bobos.

La jeune femme pleine de vie et d'énergie qui balance ses casquettes est Sonia, chargée de la communication de la Ressourcerie de l'île (boutique qui propose des objets d'occasion à petit prix à Rezé).
Elle a souhaité illustrer que ce qui lui collait à la peau, c'était son côté multi-casquettes. Son travail lui demande beaucoup de polyvalence : un jour en habit de chantier et le lendemain en tailleur.

L'Athena en robe rouge est Catherine. Engagée au sein de l'ADDA, une épicerie solidaire. Elle est perçue comme la défenseuse des fruits et légumes avant qu'ils ne soient jetés à la poubelle.



 

L'équipe en bleu de travail travaille à l'Atelier du Retz Emploi(Le Pellerin et Sainte-Pazanne). Ils sont vus comme des crados qui récupèrent dans les déchèteries. On ne sait pas trop ce qu'ils font mis à part entasser des objets dont personne ne veut… D'où la scénographie à contre emploi avec meubles sculptés et coupes de champagne. Aujourd'hui, toutes les classes sociales achètent dans des ressourceries.

"Nous avons décidé d'être en décalage et de rire de clichés et préjugés qui, pour nous, freinent le changement. Oui on peut faire de hautes études et travailler dans le social, oui on peut être femme au foyer et créer des lieux de vie pour son quartier, etc." 

Les Cré'Alters n'ont rien à vendre, ils montrent des exemples et s'autofinancent à hauteur de 20 % via des projections-débat, des locations d'exposition ou des commandes de vidéos. Ils interviennent aussi en milieu scolaire, du CM2 aux étudiants en Master pour les sensibiliser aux valeurs portées par ces créateurs d'idées.

Florian s'épanouit depuis deux années auprès des personnes qu'ils rencontrent qui lui apportent beaucoup de positif. Pour Claire, dans l'association depuis seulement un mois, c'est "une grande bouffée d'air qui la réconforte avec l'idée qu'on peut se réaliser dans le travail en faisant quelque chose d'utile ! A voir les gens créer, innover, ça donne envie de faire des choses à notre tour".

On attend donc prochainement les Cré'Alters proposer aux nantais des projets innovants qui les feront sortir de leurs quartiers pour faire ensemble. Ils espèrent d'ailleurs pouvoir embaucher une deuxième personne. Vous pouvez les rencontrer à leur Assemblée Générale le 15 décembre 2012 au 15 quai Ernest Renaud à Nantes (dans les locaux de l'Atelier des Initiatives).
 
Lire aussi l'article des Cré'Alters sur le magazine Terri(s)toires