Version imprimableEnvoyer à un ami
Transports

Découvrez les coulisses de la Semitan

25/10/2012 | Stéphanie Lechêne
Les visites des coulisses de lieux nantais, organisées par l'Atelier des initiatives et le Conseil Nantais de la Jeunesse nous emmènent cette fois au coeur du réseau des transports en commun de la métropole nantaise : la Semitan. 1700 personnes travaillent au quotidien pour offrir un service de qualité aux voyageurs. C'est naturellement en tram que nous nous rendons dans les locaux de la Tan, à deux pas de l'arrêt Hôpital Bellier, ligne 1. Fabrice, responsable du service médiation, sera notre guide pendant 2 heures. 

Les chiffres
Des données bien représentatives de la taille du réseau Tan :
- 1700 personnes travaillent à la Tan dont 1100 conducteurs
- 400 000 voyageurs par jour utilisent le réseau de transport en commun (on compte 600 000 habitants dans l'agglomération)
- 24 millions de kilomètres sont parcourus chaque année par les tramways et les bus.
- 42 kilomètres de lignes sont avalés chaque jour par les trams
- 116,5 millions de voyages effectués en 2011.
- 24,2 millions de kilomètres parcourus en 1 an (600 fois le tour de la terre au niveau de l'équateur)
- et 40 contrôleurs qui circulent chaque jour sur le réseau pour vérifier que vous avez bien un titre de transport...

       

La Semitan, délégation de service public

La Semitan est une société d'économie mixte des transports de l'agglomération nantaise. Tous les 7 ans, Nantes Métropole lance un appel d'offre pour exploiter le réseau de transports en commun. La collectivité possède les bâtiments, et tout le reste est géré par la Semitan grâce au budget alloué par Nantes Métropole qui provient en bonne partie de nos impôts.

Un peu d'histoire
Le tramway que vous connaissez à Nantes aujourd'hui est une deuxième génération de tramway. Sachez que Nantes a déjà eu un tram entre 1879 et 1958. Un tram d'époque est soigneusement conservé dans les locaux et est accessible aux visites.
La structure était alors en bois, les sièges en osier, les plafonniers en verre et on ne pouvait ni y fumer ni y cracher…
Le conducteur s'appelait alors un Wattman et le receveur était la personne auprès de laquelle on achetait son ticket.

Le tramway a disparu avec le réaménagement du centre-ville. En 1985, Nantes est la première métropole à réintroduire un tramway moderne. Le tram a deux motrices et fait 20 mètres de long.
En 1992, on y ajoute une remorque au milieu avec des rampes aux portes qui permettent l'accessibilité aux personnes en fauteuil roulant et aux poussettes. La longueur passe à 40 mètres. Ces trams sont toujours en circulation et vous les verrez jusqu'en 2025 avant qu'ils ne soient revendus à d'autres réseaux de transport à l'étranger.

Un troisième tram voit le jour en 2000 : c'est le bombardier (que l'on voit essentiellement sur la ligne 3). Et la toute dernière génération a vu le jour le 1er octobre 2012, peut-être l'avez-vous vue ? On compte 17 rames qui sont fabriquées en Espagne et assemblées en France.

La visite
L'endroit le plus stratégique de la Tan, c'est le PCC (Poste de Commande Centralisé). C'est le cerveau omniscient du réseau. Dominique, régulateur, explique que le trafic du réseau est surveillé en temps réel. Ici, on régule les avances et les retards des bus, trams et navettes fluviales.

Le poste ouvre à 3h50 du matin juste avant le départ du premier tram à 4h et ferme à 2h du matin. Aux heures de pleine charge, 6 personnes y travaillent à temps plein. A droite, on s'occupe du réseau bus, à gauche du tram et au milieu, du busway et de la mise en ligne des infos trafic sur le site internet de la Tan.

Tous les bus et trams sont équipés de balises pour les géolocaliser en temps réel. Sur la carte du réseau, on voit en vert, les véhicules à l'heure, en bleu les véhicules en avance et en orange voire rouge ceux qui ont du retard.
Objectif : en cas d'accident ou de panne, les régulateurs s'organisent pour que cela n'ait pas ou peu d'influence sur le reste du réseau.

Sur les écrans des régulateurs, s'alignent les images des 70 caméras placées à des endroits stratégiques du réseau de la métropole pour surveiller le trafic et être réactif en cas d'accident. Aucun enregistrement n'est effectué contrairement aux caméras de télésurveillance installées dans chaque bus et tram destinées à assurer la sécurité des voyageurs.

Chaque conducteur dispose d'un terminal qui l'informe en temps réel de sa position. C'est un confort pour le conducteur qui est informé du moindre incident ou des imprévus sur son circuit.

En cas de retard important, les voyageurs sont aussitôt alertés par les panneaux d'information à chaque arrêt et sur le site internet.

La Tan n'est jamais en vacances ; le réseau connaît parfois quelques perturbations mais quand tout va bien, le service fonctionne 7j/7 sauf le 1er mai.

Pratique, des avis de recherche de personnes disparues (enfants, personnes âgées, etc.) peuvent être diffusés sur tout le réseau Tan, uniquement sur demande de la police.

Ensuite, nous nous dirigeons vers les hangars de maintenance.
Les bus, après 10 ans de bons et loyaux services et quelques 700 000 kilomètres au compteur, passent entre les mains d'un prestataire qui leur redonne un coup de neuf (mécanique, peinture, etc.). Ainsi, ils peuvent repartir sur les routes une bonne dizaine d'années supplémentaires !

Autre innovation nantaise  : 90 % des bus sont au gaz. La Semitan a été le premier réseau à mettre en service des bus au gaz en 1999.

Prolonger la vie des bus et tram
Non pas par conscience écologique mais plutôt économique, la durée de vie des tramways et des bus est allongée de 10 ans. C'est dans l'atelier de maintenance qu'on anticipe les réparations pour éviter des pannes plus lourdes et plus coûteuses.

Coût d'un bus neuf : 350 000 euros
Coût d'un tram neuf : 1 millions d'euros

Sensibiliser les utilisateurs
Fabrice va à la rencontre des jeunes dans les collèges et lycées de quartiers nantais pour les sensibiliser aux bonnes pratiques dans les transports en commun : respect du personnel, des usagers et du matériel. 5000 enfants par an sont invités à comprendre les enjeux d'un réseau de transport en commun dans leur ville. C'est un mode de déplacement collectif, écologique et peu onéreux.

Il faut savoir que le vandalisme coûte à la Tan 3,5 millions d'euros par an.

Autre volet abordé dans la sensibilisation : la sécurité ! Le métier de conducteur de tramway est extrêmement fatiguant car cela requiert une vigilance constante. Que vous soyez piéton, cycliste ou automobiliste, veillez à bien respecter le code de la route et à ne pas commettre d'imprudence. Un tramway met 40 mètres (soit toute sa longueur) à s'arrêter en cas de freinage d'urgence…

Un réseau saturé  ?
Le matin sur la ligne 2, on compte 21 rames bondées qui desservent Nantes et les alentours. Impossible de rajouter une rame supplémentaire au risque de paralyser le réseau. Dans les années à venir, il faudra donc trouver des alternatives : covoiturage, vélo, favoriser le télétravail… pour diminuer les embouteillages dans la métropole.

 
Lire l'article sur les coulisses de Stereolux et Trempolino à Nantes
Voir les lieux et dates des prochaines visites de coulisses