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Beauté

Cosmétiques bio : faire le bon choix

20/03/2013 | Stéphanie Lechêne

Gel douche, shampooing, crème de jour, fond de teint, rouge à lèvre ou démaquillant : toute une ribambelle de produits que nous utilisons chaque jour.
En moyenne, une femme utilise quotidiennement 12 produits cosmétiques qui l'exposent à 126 composants chimiques différents… Pour préserver votre peau et la planète, préférez les cosmétiques bio et naturels. Voici un guide pratique pour vous aider à faire le bon choix !
 

Le contexte économique
Le marché de la cosmétique est le 4ème secteur de l'économie française par son solde commercial (différence entre exportations et importations) grâce aux marques largement plébiscitées par les étrangères : l'Oréal, Dior, Yves Rocher… La France est ainsi le premier exportateur de produits cosmétiques et de parfums dans le monde.

En moyenne, un français dépense 200 € par an pour des produits de parfumerie, d'hygiène corporelle ou de cosmétique. Mais les produits bio ne représentent que 3 à 4 % de ce panier malgré une progression d'environ 30 % chaque année.

Alors qu'il existait 40 marques de cosmétiques bio en France, on en compte en 2010, plus de 230 ! Difficile aujourd’hui de connaître ou de reconnaître les labels apposés sur les packaging.

Et ne vous fiez pas au prix ! L'idée reçue "plus c'est bio, plus c'est cher" ne prévaut pas en cosmétique. Vous trouverez des produits de qualité pour un budget moyen.

Les labels en cosmétique
Pourquoi regarder les labels ? Car c'est un gage de qualité du produit, une certification qui est établie par un laboratoire indépendant.

Notre recommandation : le label Nature et Progrès (1998)
C'est une association de consommateurs et de professionnels qui rédigent depuis 1964 leur propre cahier des charges technique indépendamment de la réglementation européenne. Ce cahier des charges est co-construit et régulièrement mis à jour.

Télécharger le cahier des charges pour les Cosmétiques
 

Le cahier des charges admet :

- les produits d'origine animale transformés : miel, lait, jaune d'oeufs, etc.
- les ingrédients labellisés Nature et Progrès ou Demeter ou AB.
- l'utilisation d'eau (du réseau publique d'eau publique, déminéralisée, de source, de captage ou de mer)
- l'alcool d'origine végétale et biologique
- les colorants d'origine végétale et animale
- les huiles et graisses végétales issues de l'agriculture biologique (coco, karité, etc.)
- les tensioactifs obtenus par réactions simples et biodégardables

 

N'admet pas :

- les matières premières d'origine animale
- les matières minérales dont l'extraction engendrerait pollution ou dégradation du paysage
- les colorants, parfums, antioxydants, émollients, huiles et graisses, silicones, paraffine et autres ingrédients d’origine pétrochimique
- les ingrédients issus d'OGM (organismes génétiquement modifiés)
- les solvants et colorants de synthèse
- les parabens, séquestrants et phosphates oxydes toxiques, vitamines ou huiles essentielles de synthèse
- les conservateurs non toxiques d'origine naturelle
- les lubrifiants à base de silicone
- les gélifiants de synthèse


La transformation des produits est également contrôlée (pas d'irradiation, de blanchissants, de traitement au mercure, …).

Le cahier des charges interdit les tests sur les animaux. Mais depuis le 11 mars 2013, une directive européenne interdit de tester les produits cosmétiques sur les animaux.

L’adhérent Nature & Progrès doit mettre tout en œuvre pour réduire autant que possible sa consommation d'énergie. Il doit pratiquer le tri sélectif et intégrer la notion de biodégradabilité dans la production de ses cosmétiques.
D'autres critères écologiques reposent sur l'emballage et l'information au consommateur.

Difficile de faire plus complet !!

La charte "Cosmétique naturel contrôlé" délivrée par la BDIH

Elle voit le jour en Allemagne en 1996. C'est une fédération de marques pharmaceutiques et d'industries œuvrant dans le domaine de la santé, de la diététique et des produits d'hygiène.

Le cahier des charges admet :

- les cosmétiques formulés à partir de matières premières naturelles, issues du règne végétal ou minéral avec une priorité aux végétaux de culture bio
- des bases lavantes et émulsifiants d'origine végétale, obtenus par des techniques “douces” (hydrolyse, estérification)
- les tests sur des personnes volontaires ou des cultures de cellules
- l'utilisation très restreinte de quelques conservateurs doux (acide benzoïque, acide sorbique)

 

Il n'admet pas :
- les produits issus de la pétrochimie
- les colorants ou parfums de synthèse
- les bases lavantes ou émulsifiants éthoxiliés
- les matières premières génétiquement modifiées (OGM)
- les matières premières d'origine animale, sauf issues de l'animal vivant (ex: lanoline)
- le blanc de baleine ou collagène animale
- l'irradiation
- les tests sur les animaux

Le cahier de charges du BDIH n’exige pas de pourcentage précis d’ingrédients bio dans un produit fini, mais impose que certains composants de base proviennent obligatoirement de l’agriculture biologique. Le cahier des charges BDIH a établi une liste de 690 composants autorisés dans une liste de plus de 20 000 composants cosmétiques existants).

Charte de la "Cosmétique Ecologique et Biologique" Cosmébio (2003)
En 2003, une dizaine de laboratoires de cosmétiques engagés dans la commercialisation d'une gamme de produits issus de l'agriculture biologique créent la charte Cosmébio. De cette charte ou label Cosmébio, dépendent deux cahiers des charges, l'un biologique et l'autre écologique.
 

La charte Cosmébio admet :

- les ingrédients issus de ressources naturelles non animales diverses, renouvelables et de préférence issus de l'agriculture biologique
- les procédés de transformation non polluants, respectueux de la santé humaine et de l'environnement, physiques ou chimiques s'ils répondent aux principes de la chimie verte.
- que les emballages soient recyclés
- le respect de la vie animale (tests sur les animaux possibles lorsque la loi du pays où sont vendus les cosmétiques l'exige hors UE depuis mars 2013)

 

Elle n'admet pas :
- le brevetage du vivant et l'utilisation d'OGM


Le label Cosmébio Bio
Au minimum : 95% d’ingrédients naturels ou d’origine naturelle.
Au minimum : 95% des ingrédients végétaux sont issus de l’Agriculture Biologique
Au minimum : 10% de l’ensemble des ingrédients sont issus de l’Agriculture Biologique


Le label Cosmébio Eco
Au minimum : 95% d’ingrédients naturels ou d’origine naturelle.
Au minimum : 50% des ingrédients végétaux sont issus de l’Agriculture Biologique
Au minimum : 5% de l’ensemble des ingrédients sont issus de l’Agriculture Biologique
 

La charte Cosmébio reprend les principaux critères du référentiel Ecocert, un organisme de contrôle et de certification.   
 
                                 logo-cosmetique-biologique-ecocert    logo-cosmetique-ecologique-ecocert

Où trouver des produits labellisés ?
De préférence dans des magasins bio type Biocoop, La Vie Claire, Horizon Vert.
Dans des boutiques spécialisées : Marie Nature, Bioté, Ambaé, Biosens, etc. Voir la liste des magasins dans les Pays de la Loire.

Les reportages :
Voir la vidéo sur Laurence Moulin, gérante d'Abonéobio qui propose des abonnements annuels pour vos cosmétiques, un vrai plus pour le porte-monnaie et l'environnement (grand conditionnement, pas de gâchis, produits labellisés).

Voir le reportage sur Fleur des Mauges.

(Sources : Eurostaf 2010, Insee, Consumer Business - Etude Deloitte Janvier 2012, Femme toxique, Canada, 2010)