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Energie

140 logements chauffés au bois par la chaufferie de Saint-Jean-de-Boiseau

16/10/2012 | Stéphanie Lechêne
chaufferie bois saint jean de boiseau
C'est dans le quartier de La Noë à Saint Jean-de-Boiseau que nous retrouvons Paul Morinière, animateur énergie à l'association Alisée. La visite du jour : la chaufferie bois/gaz qui alimente les logements du quartier. Une source d'énergie locale et propre car issue d'un matériau renouvelable et durable. 

En Pays de la Loire, on compte 35 chaufferies bois collectives qui servent à chauffer des logements de particuliers ou des infrastructures publiques. Une source énergétique bien adaptée au territoire  car bien qu'il y ait peu de ressources disponibles en bois dans la Région, on y trouve de nombreuses industries de transformation du bois. Ce bois est alors déchiqueté et utilisé comme combustible pour la chaufferie.
 

On parle de circuit court car le bois provient d'usines situées dans un rayon de 200 km et la chaleur dégagée par sa combustion servira à chauffer 140 logements aux alentours.

La particularité de la chaufferie bois de Saint-Jean-de-Boiseau est qu'elle est est couplée à deux chaudières à gaz qui prennent la relève en cas de panne ou si la demande en énergie est trop élevée, lors de basses températures par exemple.

Une chaudière à gaz fonctionne seulement du printemps à l'automne pour chauffer l'eau chaude sanitaire. La chaudière bois ne fonctionne que l'hiver pour le chauffage et l'eau chaude car elle doit être en marche suffisamment longtemps pour être efficace.

Seul hic, la maintenance qui nécessite qu'une personne soit d'astreinte jour et nuit. En effet, le bois doit être bien sec et calibré pour éviter les pannes. Ce type d'infrastructure permet d'employer une main d'oeuvre locale.

La chaufferie appartient à Nantes Métropole, financeur du projet avec l'ADEME et la Région Pays de la Loire, pour un budget total de  800 000 €.
Pourquoi le choix du bois ? Car c'est une ressource énergétique propre et renouvelable et son coût est moindre.

Un vrai plus pour les habitants du quartier qui, du coup, ont une facture allégée et pas d'entretien à faire contrairement à une chaudière individuelle.

Les logements bénéficiant de ce réseau de chauffage ont été construits en même temps que la chaufferie afin de mettre en place les tuyaux de distribution et les sous-stations installées dans les logements qui sont des relais de chauffage.

Comment ça marche ?
Le camion vient livrer dans le silot le bois déchiqueté (trappes à l'extérieur de la chaufferie). Deux verrins hydrauliques tirent des racloirs qui ramènent le bois jusqu'à l'entonnoir puis jusqu'à la chaudière.





Le bois monte très haut en température entre 1000 et 1200 °C : ce n'est pas le bois qui brûle mais le gaz qui s'en échappe sous l'effet de la combustion.

La cendre est récupérée dans le cendrier mais n'est pas valorisable car la combustion est tellement parfaite qu'il ne reste que des minéraux.

La chaleur chauffe l'eau et est distribuée via un réseau de tuyaux auprès des 140 foyers du quartier. Au final, les maisons individuelles paient leur facture en fonction de leur consommation à Nantes Métropole et les logements collectifs se divisent la facture.

Des chiffres
Puissance bois : 500 KW
Puissance gaz : 800 KW

Couverture bois/gaz : 80 % des besoins sont couverts par la chaudière bois et 20 % restant pour les chaudières gaz.

Consommation bois :  2500 tonnes / an soit 28 rotations de camions (90 m3/an, et  un camion par semaine en période hivernale).

Rejet de CO² évité (par rapport à une solution 100 % gaz) : 914 tonnes de Co2/an.

Nombre de logements raccordés : 140

Les projets
Un projet d'énorme chaudière biomasse à bois est prévu pour alimenter les quartiers Bellevue et Dervallières à Nantes : 13 000 logements sont concernés. Les travaux sont en cours !

"Choisir une source renouvelable pour se chauffer c'est bien, mais il faut surtout que votre maison soit bien isolée" rappelle Paul Morinière d'Alisée. Plus une maison sera étanche à l'air avec une bonne ventilation et une isolation éfficace et moins nous aurons besoin de la chauffer. Il existe d'ailleurs des maisons dites "passives" : c'est à dire qu'elles produisent plus d'énergie qu'elles n'en consomment via des matériaux performants et non nocifs pour l'environnement.

En 2020, les particuliers seront dans l'obligation de construire leur maison neuve en respectant ce critère. D'ici là, il s'agit de trouver des solutions alternatives et durables pour préserver l'environnement avec un coût financier raisonnable pour les ménages.