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L'édito du 29 décembre 2011

29/12/2011 | Sébastien Guimard

Faire plus que mieux : un défi pour 2012

On attend toujours plus d’une année nouvelle qui s’annonce laissant derrière elle les difficultés d’hier (chômage, pollution maritime, etc.), les promesses non tenues (Conférence sur le climat, fiscalité environnementale au rabais, etc.), les traumatismes (catastrophe naturelle et nucléaire au Japon…).

On cherche alors un nouveau souffle, une nouvelle énergie pouvant nous conduire, nous guider pour affronter les enjeux économiques, sociaux et environnementaux. A nous entendre, en 2012, il va falloir "travailler mieux", "produire mieux", "consommer mieux" pour que tout s’apaise. Un tel défi a de quoi désarmer.

Ceux d’abord, qui, cette année, ont modifié profondément leurs modes de faire mais qui se sentent encore trop souvent seuls ou non compris. Nous n’en sommes plus à les considérer comme des jusqu’au-boutistes, des "intégristes" mais on peine à suivre massivement les modèles nouveaux souvent perçus comme trop contraignants, alternatifs voire marginaux.
Pourtant, les conséquences de nos excès, de notre activité sur cette planète sont aujourd’hui bien connues ! Venir à vélo au bureau, utiliser le co-voiturage, limiter les transports en avion, ne plus manger de viande, favoriser les produits locaux voire français apparaissent encore trop exotiques aux yeux de la majorité.

Alors que les études révèlent régulièrement que les français sont conscients d’une évolution nécessaire (cf. L’étude Ethicity, Aegis Média Solutions sur la consommation responsable des ménages français en 2011 rappelle que 45% des personnes interrogées considèrent qu’il faut consommer mieux), l’implication qui est la nôtre en tant qu’individu reste toujours sujette à caution.

Pour ceux qui n’en sont pas là, qui se questionnent encore sur la réalité des phénomènes, sur l’imputation à nos agissements des dysfonctionnements des écosystèmes naturels ou sociaux, sur leur responsabilité dans les changements à venir, il sera nécessaire de percer à jour la nouvelle dialectique politique sur le thème de la consommation responsable. En effet, une certaine perplexité risque de naître des messages qui vont nous parvenir de toutes parts en cette année électorale. Une perplexité qui pourrait conduire à l'inaction.

Que recouvrent réellement ces injonctions autour d’une production et d’une consommation responsable ? Faut-il "dépenser moins pour vivre mieux", "produire et acheter français", "produire plus et dépenser moins" ? Ces intentions se valent-elles toutes ? Sans traduire ce qui se cache derrière ces discours, on imagine aisément qu’il faudra être innovant, créatif, aventureux, collectif,... bien des mots qui nous paraissent plus stimulants, entraînants (que les simples "moins" ou "plus") pour offrir aux générations de demain les conditions de leur épanouissement sur notre bonne vieille Terre.