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L'Edito du 1er décembre 2011

01/12/2011 | Sébastien Guimard

Décrocher la lune...

Finis les épopées lunaires et les programmes coûteux d’exploration de l’espace ; prolonger le sens de notre existence et celle de nos enfants sur Terre semble être l’horizon fixé par nos édiles. Devenir la ville la plus verte du monde en 2020, être une ville capable de limiter et réduire son impact sur l’environnement mondial et d’améliorer la qualité de vie de ses citoyens, être un « foyer actif de la révolution environnementale, économique et sociale exigée par le XXIe siècle », c’est le nouveau pari de ces villes qui se rêvent écocités, ville durable ou capitale verte, ville « post-carbone » du futur.

Des hots dogs bio vendus aux coins des rues de Vancouver, aux éco-quartiers de Fribourg, aux autolibs parisiennes, aux jardins partagés des quartiers les plus prioritaires de nos cités... Rien ne semble devoir échapper à cette révolution nécessaire ; mais c’est aussi un nouvel horizon démocratique que les techniques employées pour y parvenir ne doivent pas supplanter.
Car il faut bien le dire, à l’heure où se joueront les gouvernances de demain, on peine à voir la place de l’habitant, de l’usager, du consommateur dans ses grandes transformations, ses grandes stratégies.

Tous nous invitent à être plus sobres dans nos modes de production et de consommation mais cette adaptation ne se nourrira concrètement que de la place que l’on veut bien y prendre et des occasions qui nous seront données de l’occuper. La sensibilisation, voire la promotion de formes d’actions qui font notre quotidien, ne sont qu’une première étape d’un processus qui conduit radicalement à penser autrement la société ; processus auquel nos prochains  « mandataires » doivent très vite concourir.

Soyons attentifs, il ne faudrait pas que ces paysages rêvés au printemps ne deviennent trop vite des peintures surréalistes. "Ce qui se fait pour nous mais se réalise sans nous, est fait contre nous" suggérait Nelson Mandela.